Neuropathologie
MODIFICATIONS MACROSCOPIQUES
MODIFICATIONS MICROSCOPIQUES
MODIFICATIONS CELLULAIRES
1) Avant la 6eme heure : pas de modification macroscopique
2) 6eme à 36eme
heure : constitution de l'infarctus blanc (pâle)
- les limites entre la substance grise et blanche s'estompent
- ramollissement de la zone lésée
- parfois constitution d'un infarctus rouge : allant du foyer de pétéchies
plus ou moins confluents à l'hématome
3) Ultérieurement
constitution d'une cavité kystique et de tissu cicatriciel
1) A la 6eme heure
: modification des neurones
qui ont des noyaux foncés, un cytoplasme
hyperbasophile et rétracté (apoptose)
2) 6eme
à la 36eme heure :
- oedème vasogénique, aspect congestif des vaisseaux avec extravasation plasmatique
par rupture de la barrière hémato-encéphalique
- infiltration par des polynucléaires
neutrophiles puis des macrophages
- détersion de la zone nécrosée
par les macrophages qui se chargent en débris myéliniques (corps granulo-graisseux)
3) cavité kystique
résiduelle et prolifération astrocytaire
Modifications cellulaires qui surviennent avant la 6eme heure :
1) Epuisement des réserves énergétiques cellulaires
2) Oedème cytotoxique
qui est secondaire à la perturbation de l'homéostasie ionique
(inhibition de la pompe ATPase Na/K) qui est responsable de la dépolarisation
de la membrane plasmatique
3) Ouverture de canaux
calcium voltage-dépendants, augmentation de la concentration intracellulaire
du calcium
4) Libération
des vésicules synaptiques contenant des neuromédiateurs excitotoxiques
(glutamate)
5) Ouverture des canaux
calcium liés au récepteur NMDA, augmentation de la concentration
intracellulaire du calcium
6) Cercle
vicieux excitotoxique ( 4 <-> 5)
7) Mort cellulaire
Des recherches sur des modèles animaux (Kirino et Coll. 1991) ont permis de montrer que des ischémies brèves étaient capables d'augmenter la tolérance cérébrale à des ischémies ultérieures. Tout se passe donc comme si il existait des mécanismes cellulaires inductibles de protection contre l'ischémie. Voici quelques éléments d'explication :
L'augmentation du calcium intracellulaire est responsable de l'activation des
protéines kinases (PK). Les PK activent (phosphorylation) des protéines
"Immediat Early Gene" (IEG). Ces IEG sont des protéines qui régulent l'expression
de séquences spécifiques de l'ADN codant pour des facteurs de
croissance et des protéines structurales. Certaines IEG induisent la
mort cellulaire en activant des gène "tueurs" (apoptose), d'autres
au contraire induisent une neuroprotection en activant les gènes de facteurs
trophiques (facteurs de croissance, protéines structurales). Des recherches
sont en cours pour identifier les IEG protectrices.
Les facteurs de croissance
sont synthétisés par les neurones et les cellules gliales. Ils
se lient à des récepteurs spécifiques sur la membrane des
neurones. Les plus connus sont le "Nerve Growth Factor" (NGF), le
"Brain Derived Neurotrophic Factor" (BDNF), la "Neurotrophin
3" (NT 3), la "Neurotrophin 4-5" (NT 4-5), le "Fibroblast
Growth Factor" (FGF) et l"Insulin Like Growth Factor" (IGF).
Beaucoup de ces facteurs ont prouvé une efficacité protectrice
de l'ischémie sur culture cellulaire.
En cas de revascularisation,12 à 20 heure après l'ischémie,
lorsque le neurone a reconstitué ses réserves énergétiques,
il existe une diminution des synthèses protéiques. Ceci est du
à l'induction de la protéine "Heat
Shock Factor" (HSF) par l'ischémie.
Il s'agit d'une protéine chaperonne qui est responsable du maintien de
la structure tertiaire de protéines normales ou dénaturées,
en outre elle joue un rôle de transporteur de certaines protéines
à travers la membrane des mitochondries et du réticulum endoplasmique.
Elle est probablement impliquée dans les mécanismes de réparation
cellulaire.
Ces recherches ouvrent des perspectives thérapeutiques
(lointaines) dans la voie de la neuroprotection : induction des IEG protectrices,
induction des HSF, essais thérapeutiques sur les facteurs de croissance
(?).