Neuropsychologie
LES APHASIES
Conduite de l'examen
Formes cliniques
LES APRAXIES
Conduite de l'examen
Formes cliniques
Apraxie idéomotrice
Apraxie idéatoire
Apraxie constructive
Apraxie de l'habillage
Apraxie de la marche
Apraxie bucco-linguo-faciale
LES AGNOSIES
Agnosies tactiles
Agnosies visuelles
Agnosies auditives
Les troubles de la reconnaissance du corps
Les troubles de la reconnaissance de l'espace
L'étude du langage spontané permet tout d'abord de déterminer le caractère fluent ou non fluent.
Etudier la dénomination
: objets, images, couleurs, parties du corps
Manque du mot ?
Présence de
paraphasies sémantiques (un mot pour un autre), phonémiques (modification
des phonèmes constituant un mot, néologismes) ?
Amélioration
par l'ébauche ?
Etudier la compréhension orale d'ordres simples, semi-complexes, complexes
Etudier la répétition : mots simples et complexes, phrases simples puis complexes
Présence de
paraphasies sémantiques ou phonémiques ?
En cas d'échec,
essai d'autocorrection ?
Etudier la lecture
:
Lecture hachée,
syllabique ?
Paralexies sémantiques
ou phonémiques ?
Compréhension
?
Etudier l'écriture
:
Ponctuation ? articles
? = agrammatisme, dysorthographie ?
Paragraphies ?
Broca |
Wernicke |
Conduction |
Trans-corticale |
Trans-corticale |
Trans-corticale mixte |
|
Langage spontané |
Non fluent |
Fluent |
Fluent |
Non fluent |
Fluent |
Non fluent |
Dénomination |
- à +/- |
- |
+/- |
- |
- |
- |
Compréhension |
+ à +/- |
- |
+ |
+ |
- |
- |
Répétition |
- |
- |
- |
+ |
+ |
+ |
Lecture |
- |
- |
+ |
+ |
- |
- |
Ecriture |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
Lésion |
Les aphasies sous-corticales sont remarquables par l'hypophonie, la disparition des paraphasies lors de la répétition et des persévérations fréquentes.
Etudier les gestes symboliques (ex: signe d'adieu, signe de croix, signe de menace, salut
militaire, serment, pieds de nez etc...).
Etudier les gestes d'utilisation d'objets
: sur commande en l'absence de l'objet (mime ex: peigne, brosse à dent
etc...), sur imitation, enfin manipulation effective.
Etudier l'imitation de gestes non symboliques
(anneau pouce-index etc...).
Etudier la reproduction de séquences gestuelles (paume-poing-tranche).
Etudier le dessin spontané ou
sur copie de figures géométriques planes représentatives
(ex: maison, bicyclette, marguerite, bonhomme) et non représentatives
(ex: carre, triangle, figure de Rey) ainsi que des figures en relief (ex: cube).
Ces tests sont toujours comparatifs entre la droite et la gauche.
L'apraxie idéomotrice est caractérisée par la perturbation élémentaire de l'acte moteur. Elle altère
les gestes simples, qu'ils soient isolés ou qu'ils constituent un élément
d'une séquence gestuelle. Les gestes symboliques, l'imitation de gestes
non-symboliques, les mimes d'utilisation des objets sont mal effectués.
L'apraxie idéomotrice est habituellement bilatérale et elle est
liée à un lésion du cortex pariétal associatif gauche
(plus particulièrement le gyrus supra-marginalis - aire 40). Lors d'une lésion
unilatérale droite avec atteinte du corps calleux (syndrome de dysconnexion
calleux), elle peut être unilatérale gauche.
L'apraxie idéatoire est un trouble de la réalisation d'une conduite. La
perturbation
concerne l'organisation séquentielle de gestes partiels qui sont eux-mêmes
correctement effectués mais dont l'enchaînement est incohérent. La manipulation concrète
des objets est perturbée. Par contre, l'imitation reste correcte. L'apraxie
idéatoire est toujours bilatérale et elle est liée à
une atteinte bilatérale du cortex pariétal associatif gauche (carrefour
temporo-pariéto-occipital et plus particulièrement la région
du gyrus
angulaire - aire 39).
L'apraxie constructive perturbe le dessin. C'est un déficit visuo-spatial, c'est à dire
un désordre de la perception de l'espace. L'apraxie constructive est
due à une lésion du cortex pariétal associatif. Une lésion
gauche sera plutôt responsable de difficultés dans l'exécution
des figures géométriques planes alors qu'une lésion droite
sera plutôt responsable de difficultés dans l'exécution
de figures géométriques tridimensionnelles.
L'apraxie
de la marche correspond
à une impossibilité
pour le patient à disposer convenablement ses jambes pour marcher, sans qu'il y ait de troubles moteurs
ou kinesthésiques. Elle est liée à une lésion du
gyrus
frontal supérieur.
L'apraxie
de l'habillage
correspond à l'impossibilité
pour le patient à s'habiller seul. En fait, la malade éprouve de grandes difficultés
pour disposer le vêtement qu'il veut enfiler. L'apraxie de l'habillage
correspond à un désordre visuo-spatial. Elle est liée à
une lésion du cortex pariétal associatif.
L'apraxie
bucco-linguo-faciale
est marquée par l'impossibilité de siffler, souffler, claquer
la langue, faire un baiser etc... sur commande (possible si intégré
à une mimique automatique = dissociation automatico-volontaire des lésions
centrales). Elle s'intègre dans le syndrome operculaire (lésion
du pieds de la FA et/ou PA).
Agnosie aperceptive
: elle correspond à l'impossibilité
de reconnaître un objet et ses caractères
(matière etc...) par le seul tact. Elle est liée à une lésion du cortex somato-gnosique de perception (aires 1,2 et 40).
Astéréognosie
ou asymbolie tactile
: elle correspond à l'impossibilité
de reconnaître un objet par le seul tact.
Par contre, les caractères de l'objet sont reconnus. Elle est liée
à une lésion du cortex
somato-gnosique de reconnaissance (aire 5).
L'agnosie des objets correspond à l'agnosie
visuelle aperceptive, le patient ne peut pas nommer l'objet qui lui est présenté. Il le reconnaît par contre tout de suite lorsqu'il le
saisit. Il faut la distinguer d'une anomie des objets ou le patient ne reconnaît
pas l'objet après l'avoir saisi, qui ne correspond pas à un désordre
gnosique mais à un désordre phasique (trouble de la dénomination).
L'agnosie des objets est liée à une lésion du cortex visuo-gnosique (aires 18-19).
L'agnosie des visages ou prosopagnosie correspond à un trouble
de la reconnaissance de la physionomie. Elle
est liée à une lésion du cortex associatif temporo-occipital
surtout droit.
L'agnosie des couleurs
est liée à une lésion postérieure gauche.
L'alexie agnosique
ou cécité verbale pure (lettre et/ou chiffres) se caractérise
par l'incompréhension du langage écrit, même si le patient veut relire un de ses propres textes.
Par contre, les autres champs du langage sont préservés. L'alexie
agnosique est liée à une lésion du pli courbe gauche (gyrus angulaire - aire 39).
L'agnosie des sons verbaux ou surdité
verbale pure. Il s'agit d'une agnosie
limité à l'identification des symboles sonores du langage. Le patient a l'impression d'écouter une langue étrangère.
Par contre, les autres champs du langage sont préservés.
L'agnosie des bruits ou surdité psychique.
L'agnosie musicale
ou amusie.
Les agnosie auditives sont liées à une lésion du gyrus temporal supérieur (aire 42), la surdité verbale pure à gauche, l'amusie à droit, la surdité psychique des sons ayant une signification à gauche, la surdité psychique des sons n'ayant pas de signification à droite.
L'autotopoagnosie
correspond à l'impossibilité pour
un patient de désigner sur commande orale les parties du corps ou de les nommer si on lui désigne.
L'agnosie digitale
correspond à l'impossibilité pour un patient de désigner
sur commande orale les doigts de la main ou
de les nommer si on lui désigne. Elle s'intègre dans le syndrome de Gerstmann avec
l'indistinction droite-gauche, l'acalculie et l'agraphie. Il est lié
à une lésion du pli courbe gauche (gyrus angulaire - aire 39).
L'hémiasomatognosie
correspond au refus du malade de considérer
son membre paralysé comme sien. L'anosodiaphorie correspond
à l'indifférence vis-à-vis
du trouble présenté. L'anosognosie est la méconnaissance systématique du trouble présenté. Ces signes sont associés dans le syndrome
d'Anton-Babinski. Il est lié à
une lésion du cortex
somato-gnosique droite (aire 5).
L'asimultagnosie
: le malade ne peut avoir une vue d'ensemble (par exemple du dessin d'une scène), il ne perçoit
que les détails toujours extraits du contexte général
L'ataxie
optique : le malade est incapable
de saisir la main de l'examinateur située à la périphérie
de son champ visuel en l'absence d'hémianopsie
L'apraxie
du regard : le sujet est incapable
de diriger son regard volontairement vers un nouveau stimulus visuel situé
à la périphérie de son champ visuel
L'association d'une asimultagnosie, d'une ataxie optique et d'une apraxie du regard constitue le syndrome de Balint. Il est lié à une lésion bilatérale du cortex visuo-gnosiques 18-19.