
Sémiologie
GENERALITES
INFARCTUS DU TERRITOIRE CAROTIDIEN
INFARCTUS JONCTIONNELS
INFARCTUS DU TERRITOIRE VERTEBRO-BASILAIRE
Synthèse des infarctus du tronc cérébral
Infarctus bulbaires
Infarctus protubérantiels
Infarctus mésencéphaliques
Synthèse des infarctus cérébelleux
Infarctus de la PICA
Infarctus de l'AICA
Infarctus de l'artère cérébelleuse
supérieure
Troubles oculomoteurs des infarctus cérébelleux
Synthèse des infarctus thalamiques
Infarctus thalamo-perforé
Infarctus thalamo-genouillé
Infarctus choroïdien postérieur
Infarctus tubéro-thalamique
Troubles oculomoteurs de infarctus thalamiques
Comment distinguer cliniquement un AVC ischémique
d'un AVC hémorragique ? Il faut savoir que les critères cliniques
suivants sont très relatifs. Après vérification tomodensitométrique,
le taux d'erreur avoisine les 30% et cela indépendamment
de la finesse sémiologique et de l'expérience du praticien examinateur.
AVC Hémorragique |
AVC Ischémique |
Pas d'antécédent d'AIT |
Antécédents d'AIT |
Survenue dans la journée, en pleine activité ou à l'effort |
Survenue dans la nuit ou au lever |
Signes d'hypertension intracrânienne
précoces |
Pas de signes d'hypertension intracrânienne à la phase précoce |
Début rapidement progressif |
Début brutal, d'une seconde à l'autre |
Déficit qui ne correspond pas à un territoire artériel |
Déficit qui correspond à un territoire artériel |
Signes méningés |
Pas de signes méningés |
Crise comitiale initiale ou précoce |
Peu ou pas de crise comitiale à la phase aiguë |
Début ictal |
Peu ou pas de perte de connaissance initiale |
|
Signes d'une maladie athéromateuse
|
La céphalée
est évocatrice des AVCI hémorragiques. Elle est présente
une fois sur deux en cas d'hémorragie et seulement une fois sur cinq
en cas d'ischémie. Si elle est présente dans l'AVC ischémique
(AVCI), elle n'a pas de valeur localisatrice. Par contre, une céphalée
initiale dans le cadre d'un AVCI doit faire évoquer le diagnostic de
dissection artérielle.
Le début progressif est évocateur d'un AVC hémorragique. Toutefois, des fluctuations ou la progression secondaire d'un déficit neurologique à début brutal sont fréquents dans l'AVCI et peuvent confondre le praticien.
Les troubles de la conscience initiaux sont retrouvés dans 20% des AVCI. Hormis les AVCI vertébro-basilaires, ils correspondent à une hypertension intracrânienne secondaire à l'oedème cérébral. Ils sont le signe d'infarctus étendus qui sont de pronostic défavorable à court terme.
Les crises comitiales précoces sont évocatrices des AVC hémorragiques. Toutefois, des myoclonies précoces du voile, diaphragmatiques et parfois des membres sont observées dans les infarctus bulbaire (dégénérescence olivaire secondaire à une lésion du faisceau central de la calotte). Par ailleurs, d'authentiques crises comitiales partielles ou généralisées peuvent malgré tout être observées à la phase aiguë de l'AVCI.
D'autre part, un certain nombre de symptômes et de signes cliniques sont classiquement associés aux infarctus emboliques :
Début ictal
Troubles de la vigilance
précoces
Embolies systémiques
associées
Hémianopsie
latérale homonyme isolée
Aphasie de Wernicke
Apraxie idéomotrice
INFARCTUS DU TERRITOIRE CAROTIDIEN
Mécanisme : 80% embolique (cardiaque ou artério-artériel), 10% hémodynamique, 10% lacunaire (lipohyalinose)
Voir anatomie de l'artère cérébrale moyenne et son territoire
Ils représentent 70% des AVC carotidiens. Le mécanisme est dans 55% des cas embolique (30% d'origine artério-artériel, 25% d'origine cardiaque ).
Ils représentent 20 à 30% des AVCI carotidiens. Il sont secondaires à l'occlusion du tronc de l'artère cérébrale moyenne, en amont des collatérales profondes lenticulostriées, en l'absence de suppléance efficace.
Sémiologie :
Hémiplégie proportionnelle flasque controlatérale
Hypoesthésie
ou anesthésie de l'hémicorps controlatéral
Hémianopsie
latérale homonyme controlatérale
Déviation de
la tête et des yeux homolatérale
+/- dysautonomie (souffrance
hypothalamique)
Lésion gauche
: aphasie
globale ou de Broca
Lésion droite
: hémiasomatognosie
gauche, héminégligence gauche, anosognosie - syndrome d'Anton-Babinski

AVC sylvien total droit
L'évolution est souvent mortelle et seulement 10% des patients seront autonomes. Si des signes d'oedème apparaissent (troubles de la vigilance, troubles respiratoires, signes d'engagement, signe de Babinski bilatéral), la mortalité initiale atteint 80%.
Il sont secondaires à l'occlusion du tronc de l'artère cérébrale moyenne, en aval des collatérales lenticulostriées, en l'absence de suppléance efficace.
Sémiologie :
Hémiplégie à prédominance brachio-faciale controlatérale
Hypoesthésie
ou anesthésie brachio-faciale controlatérale
Hémianopsie
latérale homonyme controlatérale
Déviation conjuguée
de la tête et des yeux homolatérale
Lésion gauche
: aphasie
globale ou de Broca
Lésion droite
: hémiasomatognosie
gauche, héminégligence gauche, anosognosie - syndrome d'Anton-Babinski
Il sont secondaires à l'occlusion d'un tronc de division ou d'une branche de l'artère cérébrale moyenne ou à l'occlusion du tronc commun avec une suppléance efficace (M2).
Tronc ascendant :
Hémiplégie à prédominance brachio-faciale ou brachiale
à prédominance distale controlatérale
Hypoesthésie
ou anesthésie brachio-faciale controlatérale
Déviation de
la tête et des yeux homolatérale
Lésion gauche
: aphasie
de Broca
Tronc descendant : son occlusion est très souvent d'origine embolique
Pas de déficit moteur
Hypoesthésie
ou anesthésie brachio-faciale controlatérale (surtout discriminative)
ou astéréognosie
Hémianopsie
latérale homonyme controlatérale
Lésion gauche
: aphasie
de Wernicke, apraxie idéomotrice +/-
idéatoire bilatérale, autotopoagnosie, troubles psychiatriques
(délire paranoïde)
Lésion droite
:
hémiasomatognosie, héminégligence gauche, apraxie constructive, syndrome
confusionnel
Orbitofrontale - préfrontal
|
Post-rolandique - pariétal antérieur
|
Pré-rolandique - précentral
|
Pariétal postérieur (pli courbe)
|
Rolandique - central
|
Temporal antérieur
|




AVC sylvien superficiel partiel gauche
La mortalité précoce des AVCI sylviens superficiels est faible, de l'ordre de 1 à 5%. Les patients récupèrent une autonomie satisfaisante dans 50% des cas, 25% conservent des séquelles invalidantes (AVCI postérieurs qui compromettent l'intégration sociale).
Il sont secondaires à l'occlusion du tronc de l'artère cérébrale moyenne en amont des branches lenticulostriées (M1) avec suppléance des branches superficielles ou à l'occlusion des artères lenticulostriées. Dans ce cas, il s'agit le plus souvent d'infarctus lacunaires.
Sémiologie :
Hémiparésie proportionnelle (ou non) controlatérale pure
ou hémiplégie proportionnelle (ou non) controlatérale et
hypoesthésie ou anesthésie de l'hémicorps controlatéral
ou hémiparésie proportionnelle (ou non) controlatérale
ataxique et hypoesthésie ou anesthésie de l'hémicorps controlatéral
ou hémiparésie proportionnelle (ou non) controlatérale
ataxique
+/- hémichoréo-athétose
controlatérale
+/- dysautonomie (souffrance
thalamique)
+/- apraxie facio-linguo-pharyngo-masticatrice,
dysarthrie, dysphonie, troubles de la déglutition
+/- lésion
gauche : aphasie
sous-corticale (non fluente)
+/- lésion
droite : hémiasomatognosie
gauche, héminégligence gauche, anosognosie
AVC sylvien profond droit
La mortalité immédiate de ces AVCI reste faible (10-20%) mais la récupération est souvent médiocre avec persistance d'un déficit compromettant l'autonomie.
Voir anatomie de l'artère cérébrale antérieure et son territoire
Les AVCI de la cérébrale antérieure sont 20 à 30 fois moins fréquents que les AVCI de la cérébrale moyenne. Ils représentent 3% des AVC hémisphériques et moins de 10% des AVC carotidiens. Dans plus de 60% des cas, ils ont un mécanisme embolique (cardiaque ou artério-artérielle).
Hémiparésie à prédominance crurale controlatérale
(brachial proximal dans 30% des cas)
Hypertonie oppositionnelle
en flexion d'installation rapide de l'hémicorps controlatéral
(fonction de l'étendue de l'AVC)
Hypoesthésie
ou anesthésie à prédominance crurale de l'hémicorps
controlatéral
Déviation de
la tête et des yeux homolatérale ou parésie des mouvements
latéraux controlatéraux (pseudo-hémianopsie)
Syndrome frontal (aboulie,
apathie, euphorie, désinhibition) avec grasping réflexe, comportement
de préhension, réflexe palmo et polico-mentonier
Troubles du comportement
sphinctérien, +/- apraxie de la marche
Syndrome confusionnel
et troubles de la vigilance dans 30% des cas
Lésion gauche
: aphasie
trans-corticale motrice souvent précédée
d'un mutisme
Lésion droite
: apraxie
idéomotrice unilatérale gauche
si lésion associée du corps calleux (syndrome de dysconnexion
calleux)
Bilatéral
Mutisme akinétique et symptômes précédents bilatéraux
AVC cérébrale antérieure gauche
Il ont le plus souvent un mécanisme lacunaire.
Pas de déficit moteur, pas de syndrome pyramidal
Akinésie et
hypertonie extra-pyramidale controlatérale
+/- mouvements anormaux
controlatéraux
Lésion gauche
: aphasie
sous-corticale
Lésion droite
: négligence motrice de l'hémicorps gauche
AVC territoire d'Heubner droit
Voir anatomie de l'artère choroïdienne antérieure et son territoire
Il sont secondaires l'occlusion de l'artère choroïdienne antérieure. Il s'agit le plus souvent d'infarctus lacunaires (embolique dans 15% des cas).
Les différents tableaux :
Hémiplégie proportionnelle (ou non) controlatérale, hypoesthésie
ou anesthésie de l'hémicorps controlatéral, hémianopsie
latérale homonyme controlatérale
ou hémiplégie proportionnelle (ou non) controlatérale,
hypoesthésie ou anesthésie de l'hémicorps controlatéral
ou hémiplégie proportionnelle (ou non) pure controlatérale
ou hémiparésie proportionnelle (ou non) controlatérale
ataxique, hypoesthésie de l'hémicorps controlatéral
ou hémiparésie proportionnelle (ou non) controlatérale
ataxique
ou hypoesthésie proportionnelle (ou non) pure controlatérale
Lésion gauche
: aphasie
sous-corticale
Lésion droite
: hémiasomatognosie,
héminégligence gauche, anosognosie (syndrome d'Anton-Babinski), apraxie constructive.
AVC chroroïdien antérieur droit
Ils ont un mécanisme hémodynamique. Ils sont souvent bilatéraux lors d'épisodes hypotensifs sévères et prolongés. Ils sont unilatéraux lors de la conjonction d'un trouble hémodynamique et d'une sténose sévère de la carotide interne homolatérale. Leur sémiologie est aspécifique.


Superficiels : à la limite de deux territoires corticaux de deux artères cérébrales (infarctus de derniers prés).
Antérieur (entre artère cérébrale antérieure et moyenne) : mime une atteinte superficielle de l'artère cérébrale antérieure
Hémiparésie à prédominance crurale ou brachiale
proximale
Hémihypoesthésie
à prédominance crurale ou brachiale proximale
Lésion gauche
: mutisme initial puis aphasie transcorticale motrice
Lésion droite
: anosognosie, euphorie
Lors d'une atteinte bilatérale, on peut donc assister à une atteinte bi-brachiale ("syndrome de l'homme dans la barrique")
Postérieur (entre artère cérébrale moyenne et postérieure) : mime une atteinte superficielle du territoire postérieur de l'artère cérébrale moyenne
Hémiparésie à prédominance brachio-faciale
Hémihypoesthésie
à prédominance brachio-faciale
Hémianopsie
latérale homonyme
Lésion gauche
: aphasie
transcorticale sensorielle
Lésion droite
: troubles
visuo-spatiaux, héminégligence, anosognosie
Profonds ou sous-corticaux (rares) : à la limite du territoire superficiel et profond de l'artère cérébrale moyenne
Le tableau clinique n'est pas du tout spécifique et mime parfaitement un AVCI sylvien superficiel total.
Hémiparésie à prédominance brachio-faciale
Hémihypoesthésie
dans le même territoire
Hémianopsie
latérale homonyme
Lésion gauche
: aphasie
sous-corticale
Lésion droite
: hémiasomatognosie,
héminégligence gauche, anosognosie - syndrome d'Anton-Babinski
INFARCTUS DU TERRITOIRE VERTEBRO-BASILAIRE
Voir l'anatomie du système vertébro-basilaire
Les AVCI du tronc cérébral représentent 10% des AVCI et les AVCI cérébelleux 15 à 20%. Ils sont souvent multiples par fragmentation d'un embole au niveau du tronc basilaire.
Voir l'anatomie de l'artère cérébrale postérieure et son territoire
Les infarctus limités au territoire d'une seule branche corticale de l'artère cérébrale postérieure sont les plus fréquents (artère calcarine). L'étiologie est principalement embolique d'origine cardiaque, moins souvent artério-artérielle vertébro-basilaire. Ils sont fréquemment bilatéraux (5% des cas) par fragmentation du matériel embolique à la bifurcation du tronc basilaire.

AVC cérébrale postérieure droite
Sémiologie :
Hémianopsie latérale homonyme controlatérale avec ou sans
épargne maculaire
ou quadranopsie latérale homonyme controlatérale avec épargne
maculaire
ou scotome central hémianoptique controlatéral
ou atteinte hémi-maculaire controlatérale
Lésion gauche
: alexie
sans agraphie, anomie des couleurs, aphasie transcorticale sensorielle
ou thalamique, troubles de la mémoire verbale, syndrome confusionnel
Lésion droite
: troubles visuo-spatiaux, prosopagnosie, héminégligence
visuelle, troubles de la mémoire visuelle
Bilatéral :
Cécité corticale (syndrome d'Anton)
ou hémianopsie double avec épargne maculaire
ou hémianopsie altitudinale supérieure ou inférieure
Prosopagnosie, agnosie visuelle (couleurs, objets etc...), alexie
+/- troubles mnésiques
isolés (syndrome de Korsakoff), l'association d'un syndrome
de Korsakoff et d'une cécité
corticale constitue le syndrome
de Dide et Botcazo.
+/- syndrome
de Klüver-Bucy (troubles des conduites
alimentaires et sexuelles, placidité, troubles mnésiques, augmentation
des latences de réaction au stimuli visuels, troubles de la discrimination
visuelle) par atteinte bilatérale de la partie postérieure du
gyrus
parahippocampal.
Hémiparésie proportionnelle controlatérale par atteinte
mésencéphalique
Hypoesthésie
ou anesthésie proportionnelle controlatérale, syndrome thalamique
Il s'agit le plus souvent d'infarctus lacunaires ou d'une occlusion secondaire à l'athéromatose in situ. Toutefois, une origine embolique cardiaque ou artério-artérielle à partir des artères vertébrales est possible.
La sémiologie des AVCI du tronc cérébral se résume à un syndrome alterne qui correspond à l'atteinte homolatérale à la lésion des noyaux des nerfs craniens et des noyaux propres du tronc cérébral et à l'atteinte controlatérale des grandes voies ascendantes et descendantes.
Voir
les territoires vasculaires du bulbe
Voir
l'anatomie du bulbe
Il débute par un syndrome vestibulaire de type
périphérique (nystagmus horizontorotatoire controlatéral,
latéropulsion homolatérale, vertige rotatoire, troubles digestifs
et neurovégétatifs)
Homolatéral :
Controlatéral : hémihypoesthésie dissociée thermo-algique (faisceau spino-thalamique) respectant la face Dysautonomie : arythmies cardiaques, variabilité tensionnelle, apnées = syndrome d'Ondine (atteinte de la réticulée bulbaire) |
Il existe des variantes
:
Hémihypoesthésie dissociée
thermoalgique peut prédominer au membre inférieur lorsque l'atteinte est très latérale (somatotopie du faisceau spino-thalamique)
Atteinte du VII fasciculaire avec paralysie
faciale périphérique (le faisceau géniculé destiné
au VII descend dans le bulbe et remonte dans la protubérance)
Le syndrome
sous-bulbaire d'Opalski qui correspond à
une atteinte latéro-bulbaire en dessous
de la décussation du faisceau cortico-spinal.
Dans ce cas, le IX et le X sont respectés
et il existe une hémiplégie homolatérale
qui respecte la face (en effet, à ce
niveau le faisceau cortico-spinal croisé appartient au territoire latéral
du bulbe).
Le syndrome de Babinski-Nageotte décrit
initialement comme un AVCI de l'hémibulbe correspond en fait à
l'association d'un AVCI latéro-bulbaire
et d'un AVCI pontique. Sa sémiologie
associe aux signes classiques du Wallenberg une hémiplégie
controlatérale respectant la face.
Troubles oculomoteurs des infarctus latéro-bulbaires :
Déviation oblique des yeux avec hypotropie de l'oeil homolatéral
Inclinaison ou inversion
à 480° de l'environnement visuel
Déviation tonique
du regard homolatéral
Diplopie controlatérale
aggravée par l'inclinaison de la tête vers le coté sain
Oscilloscopie aggravée
par l'inclinaison de la tête du coté sain
Nystagmus monoculaire
vers le bas
Nystagmus rotatoire
(horaire lésion droite, antihoraire lésion gauche)
Hypermétrie
des saccades homolatérales, hypométrie des saccades controlatérales
Cet AVCI est classiquement de bon pronostic avec une bonne récupération fonctionnelle. Il doit toutefois être surveillé attentivement à la phase précoce en raison du risque de dysautonomie.
Homolatéral : XII nucléaire, paralysie de l'hémilangue Controlatéral :
|
Voir
les territoires vasculaires de la protubérance
Voir
l'anatomie de la protubérance
Homolatéral :
Controlatéral : hémiparésie, hémihypoesthésie |
Troubles oculomoteurs des infarctus protubérantiels latéraux :
Bobbing oculaire
Syndrome fasciculaire
du VI, syndrome de
un et demi fisher homolatéral
Homolatéral :
Controlatéral : hémiplégie respectant ou non la face selon le niveau |
Troubles oculomoteurs des infarctus protubérantiels paramédians :
Ophtalmoplégie uni ou bilatérale
homolatérale
Syndrome de un et demi fisher homolatéral
Hypertropie de l'oeil homolatéral
Exotropie de l'oeil
controlatéral
Parésie de la latéralité avec déviation
conjuguée des yeux controlatérale
Atteinte nucléaire
du VI
Bobbing oculaire
Myosis réactif
On décrit le syndrome de Foville inférieur (AVCI protubérantiel inférieur) qui associe un VII et un VI homolatéral et un déficit hémicorporel sensitivo-moteur controlatéral respectant pas la face. Le syndrome de Foville supérieur associe un VI homolatéral et un déficit sensitivo-moteur controlatéral ne respectant pas la face. Dans les deux cas, le patient regarde son déficit.
Le Locked in syndrome correspond à un AVCI protubérantiel bilatéral par occlusion du tronc basilaire. Il associe une tétraplégie flasque, une diplégie facio-pharyngo-glosso-masticatrice (mutisme), une paralysie bilatérale de l'horizontalité du regard. Les seuls mouvements respectés sont ceux des releveurs de la paupière et de la verticalité du regard (mésencéphale). Le pronostic de cet AVCI est catastrophique et les patients décèdent le plus souvent à court terme.
Voir
les territoires vasculaires du mésencéphale
Voir
l'anatomie du mésencéphale
Cet AVCI est souvent
bilatéral (infarctus en aile de papillon)
d'origine embolique.
Il s'associe à des infarctus thalamiques,
temporaux internes et occipitaux en cas de fragmentation de l'embole à
la bifurcation du tronc basilaire (syndrome "Top of the basilar").
Syndrome prénucléaire du III :
Syndrome nucléaire du III :
Syndrome fasciculaire du III :
|
On décrit aussi dans ces infarctus des troubles de la vigilance (atteinte
de la réticulée
activatrice) et des illusions visuelles critiquées
(hallucinose pédonculaire).
Le syndrome de Weber associe un III homolatéral et un déficit sensitivomoteur controlatéral ne respectant pas la face. Le syndrome de Claude associe un III homolatéral et un syndrome cérébelleux cinétique controlatéral. Le syndrome de Benedikt associe un III homolatéral et des mouvements anormaux controlatéraux. Tous ces syndromes correspondent à une atteinte fasciculaire du III.
Syndrome vestibulaire d'allure périphérique
Syndrome cérébelleux
cinétique homolatéral
Syndrome cérébelleux
statique, ataxie cérébelleuse
Dysarthrie cérébelleuse
+/- syndrome de Wallenberg
Syndrome vestibulaire d'allure périphérique
Syndrome cérébelleux
statique, ataxie cérébelleuse et syndrome cérébelleux
cinétique homolatéral
Atteinte du V, VII,
+/- VIII homolatéraux, parésie de la latéralité
Syndrome de Claude-Bernard-Horner homolatéral
Hypoesthésie
controlatérale dissociée thermoalgique
Syndrome cérébelleux cinétique homolatéral, dysarthrie
cérébelleuse, latéropulsion homolatérale
Mouvements anormaux
homolatéraux
Syndrome de Claude-Bernard-Horner homolatéral
Hypoesthésie
controlatérale dissociée thermoalgique
Nystagmus de large amplitude homolatéral
Nystagmus à
rebond
Hypermétrie
des saccades controlatérales, hypométrie des saccades homolatérales
Poursuite oculaire
ataxique en micro-saccades
A la différence des artères lenticulostriées, les branches profondes responsables de la vascularisation du thalamus présentent souvent des anastomoses et des possibilités de suppléance existent lors de l'occlusion. Dans 50% des cas, il s'agit d'infarctus lacunaires. Dans 30% des cas, il s'agit d'un mécanisme embolique cardiaque ou artério-artériel. Enfin, dans 20% des cas et c'est à noter, l'infarctus thalamique est de cause inhabituelle (artérite, migraine etc...).
Voir
la vascularisation du thalamus
Voir
l'anatomie du thalamus
C'est un infarctus de la partie paramédiane du thalamus. Ils sont parfois bilatéraux, car un pédicule unique peut être responsable de la vascularisation des territoires para-médians des deux thalami.
Infarctus thalamique bilatéral
Sémiologie :
Troubles de la vigilance
Hémiparésie
+/- hémihypoesthésie,
+/-hémiataxie,
+/- mouvements choréiques controlatéraux (ces deux signes constituent
le syndrome supérieur du noyau rouge ou syndrome de Chiray Foix et Nicolesco)
Parésie de
la verticalité, de la vergence, déviation du regard vers le bas, blépharospasme
Lésion gauche
: aphasie thalamique, troubles mnésiques
Lésion droite
: héminégligence, syndrome confusionnel, confabulations, troubles
mnésiques non verbaux
Bilatéral :
Troubles de la vigilance, syndrome confusionnel, confabulations, démence
Troubles mnésiques
(visuels verbaux et non verbaux) antérogrades
Parésie de
la verticalité, pseudoparalysie du VI, ophtalmoplégie
internucléaire avec ptôsis et myosis
unilatéral
C'est un infarctus de la partie inféro-latérale du thalamus. Il s'agit de l'infarctus thalamique le plus fréquent.
Hémihypoesthésie isolée (parfois préservation de
la sensibilité proprioceptive) avec douleurs différées
(analgésie douloureuse) dans le même territoire.
+ hémiparésie
discrète et transitoire, +/- hémiataxie, mouvements anormaux,
hémianopsie latérale homonyme = syndrome
de Dejérine-Roussy
C'est un infarctus de la partie postérieure (pulvinar, CG) et supérieure du thalamus.
Quadranopsie latérale homonyme supérieure ou inférieure
+/- hémiparésie,
hémihypoesthésie
+/- aphasie thalamique
en cas de lésion gauche
C'est un infarctus de la partie antéro-latérale du thalamus.
Sémiologie frontale (apathie, euphorie, troubles attentionnels, persévérations)
Gauche : aphasie thalamique,
troubles mnésiques
Droite : héminégligence,
troubles visuo-spatiaux
+/- hémiparésie,
hémihypoesthésie
L'atteinte thalamo-perforée et thalamo-genouillée est souvent associée pour constituer le syndrome du carrefour hypothalamique de Guillain et Alajouanine.
Parésie de la verticalité vers le haut (déviation conjuguée
vers le bas), vers le bas (déviation conjuguée vers le haut) ou
complète
Hypertropie homolatérale
Nystagmus des paupières
à la convergence (signe de Pick)
Rétraction
des paupières supérieures (signe de Collier) ou blépharospasme
Inclinaison de la
tête controlatérale
Nystagmus convergent,
nystagmus rétractorius
Spasme ou paralysie
de la convergence ou de la divergence
Mydriase modérée
peu ou pas réactive, corectopie
QUELQUES EXPLICATIONS ET DEFINITIONS
La paralysie de la latéralité est secondaire à
l'atteinte
de la substance réticulée paramédiane mésencéphalique (centre de la latéralité)
satellite du noyau du VI. Le mouvement de latéralité vers le côté
de la lésion est impossible, il peut exister un déviation tonique
controlatérale et le patient regarde ses membres paralysés (syndrome
de Foville).
L'Ophtalmoplégie
internucléaire est secondaire
à l'atteinte du faisceau longitudinal médian
(bandelette longitudinale postérieure). L'oeil homolatéral à
la lésion ne peut pas se mettre en adduction et l'oeil controlatéral
est animé d'un nystagmus en abduction dans le regard vers le côté
opposé à la lésion. Un nystagmus vertical supérieur
est souvent associé à l'ophtalmoplégie internucléaire.
Il s'agit d'une paralysie supranucléaire de l'adduction de l'oeil homolatéral
car l'adduction est conservée lors de la convergence.
Le syndrome
de un et demi fisher associe
une atteinte du centre de la latéralité et du faisceau longitudinal
médian. Il existe une paralysie complète du regard vers le côté
de la lésion et une perte de l'adduction de l'oeil homolatéral
à la lésion dans regard vers le côté opposé
à la lésion. Le seul mouvement de latéralité conservé
est l'abduction de l'oeil controlatéral à la lésion dans
le regard vers le côté opposé à la lésion.
Une hypertropie est une déviation tonique de l'oeil
vers le haut, une hypotropie est une déviation tonique de l'oeil
vers le bas.
Le Claude-Bernard-Horner est secondaire à la lésion du
faisceau hypothalamospinal (sympathique). Cliniquement, il est défini
par un ptôsis, un myosis, une énophtalmie et un larmoiement.
L'atteinte du noyau rostral interstitiel de la bandelette longitudinale
postérieur situé dans la substance grise périaqueducale est responsable d'une parésie de la verticalité
(syndrome de Parinaud),
d'un nystagmus
rétractorius,
d'une rétraction
de la paupière supérieure (signe de Collier). Ces deux derniers signes appartiennent à la sémiologie
du syndrome
de l'aqueduc de sylvius ou syndrome de Koeber-Salus-Elschnig.
L'atteinte du III constricteur de l'iris est responsable d'anomalies de la position de la pupille (excentrée
= corectopie), de forme
(ovale) et de taille (mydriase
ou pupille intermédiaire peu réactive).
L'atteinte nucléaire du III est responsable de la paralysie du droit inférieur,
droit interne, petit oblique, releveur de la paupière homolatéral (ou bilatéral) mais du droit supérieur controlatéral (car les fibres destinées
au droit supérieur naissent du III controlatéral).
Les paralysies
des mouvements de vergence
seraient secondaires à la lésion
de la formation réticulée mésencéphalique. Le contrôle supranucléaire
de ces mouvements est en fait mal connu.
Le bobbing
oculaire, il s'agit de
mouvement oculaires verticaux
périodiques. Il
se rencontre dans les atteintes nucléaires bilatérales du VI.